Le papier

Les papiers sont ces surfaces possibles où les écritures et les dessins se déploient. Ces matériaux complets et spécifiques dont chaque type possède des qualités particulières – texture, densité, couleur, tenue de la fibre – représentent pour moi une source d’inspiration constante et variée.
Celui de la calligraphie chinoise, le Sheng xuan, issu d’un procédé complexe de fabrication, possède la caractéristique de « boire » l’encre plus ou moins rapidement. Ces différentes qualités d’absorption, de fusion, produisent différents ressentis dans ma main et dirigent mon geste (voir l’article Encre de Chine).
Le papier Amaté, originaire du Mexique, utilisé par les Aztèques et les Mayas, tire son nom « amate » ou « amatl » de l’arbre dont il est extrait: de longues lanières sont entassées sur des planches de bois et frappées à l’aide de pierre jusqu’à obtenir une grande feuille d’épaisseur égale. Une gomme est étalée sur la surface du papier, avant la dernière étape consistant à le polir pour obtenir une surface lisse. Ce papier se caractérise visuellement par la présence de nombreuses nuances au sein d’une seule feuille. Ces feuilles servaient à l’inscription des textes sacrés et les graphismes que la coloration naturelle des fibres révèle  m’évoquent reliefs et paysages.
Le papier japonais Kumohada utilisé pour le Nihonga est fabriqué à la main par seulement quelques maîtres artisans au Japon. Son nom signifie  » peau de nuage » et c’est bien cette impression de douce densité que j’apprécie dans son utilisation.